Mortalité cancer de la peau

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La mortalité du cancer de la peau est particulièrement liée aux mélanomes, responsables de la majorité des décès. En effet, les autres cancers cutanés (carcinomes basocellulaires et carcinomes épidermoïdes) conduisent rarement à la mort car les traitements dont ils bénéficient sont efficaces. C'est pour cette raison que nous traiterons essentiellement ici des chiffres de la mortalité par mélanomes ; données présentées à titre indicatif car très variables.

À noter : le mélanome est aussi le cancer de la peau le plus fréquent chez les enfants et les adolescents.

Mélanomes : la principale cause de mortalité par cancer de la peau en France

Parmi les différents types de cancers de la peau, le mélanome se place en tête avec 11 176 cas recensés en 2013, dont 51 % de femmes. Quelles sont les données officielles et comment se fait la répartition sur le territoire français ?

Chiffres de la mortalité par mélanome en France 

Si l'on se base sur les données fournies par l'Institut national du cancer, on recense chaque année près de 1 800 décès dus à un mélanome (1 704 en 2016).

  • On remarque une légère prédominance du nombre de décès par mélanome chez les hommes (55 %), bien que les femmes soient plus touchées. Ceci est certainement dû à la plus grande vigilance de ces dernières.
  • On observe également une augmentation au fil du temps puisque, selon les statistiques, le nombre de nouveaux cas a triplé entre 1980 et 2012 (et il n'a cessé d'augmenter depuis). Son augmentation depuis les années 1990 est également plus marquée chez l’homme (+ 4 % par an) que chez la femme (+ 2,7 % par an), aboutissant pour la première fois en 2018 à une incidence identique chez l’homme et chez la femme, avec dans le même temps une stagnation de la mortalité.

Sources : rapport « Estimations nationales de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018 » avec Santé publique France et l'Institut national du cancer.

Bon à savoir : tous cancers de la peau confondus, les hommes restent plus nombreux à en mourir que les femmes.

Comparaison avec l'incidence mondiale

À l'échelle mondiale, l'incidence mondiale des morts par mélanome est de :

  • 1,7 décès pour 100 000 hommes ;
  • 1,1 décès pour 100 000 femmes.

L'âge moyen de décès se situe autour de :

  • 67 ans chez les hommes ;
  • 71 ans chez les femmes.

Le mélanome représente 1,1 % de l'ensemble des décès par cancer, se classant ainsi au 16rang des cancers les plus mortels. Il est à lui seul responsable de 90 % des décès liés aux cancers cutanés.

Répartition géographique

La répartition géographique des décès par mélanome est paradoxale. En effet, même si l'exposition au soleil, principale cause du cancer de la peau, est inférieure dans les régions du nord de la France, c'est dans certaines de ces régions qu'on retrouve la plus forte densité de décès :

  • 3,46 et 3,26/100 000 en Normandie (c'est dans cette dernière région qu'on enregistre le plus fort taux de décès chez la femme avec 1,42 femmes concernées sur 100 000) ;
  • 3,12 décès pour 100 000 personnes respectivement en Bretagne et dans les Pays de la Loire (mais seulement 2,49/100 000 dans les Hauts-de-France) ;
  • 2,93/100 000 en région PACA, 2,81/100 000 en Nouvelle Aquitaine.

Mis à part les Hauts-de-France, les taux les plus bas se trouvent :

  • en Île-de-France avec 2,50/100 000 ;
  • dans le Grand Est 2,56/100 000 ;
  • en Auvergne-Rhône-Alpes 2,57/100 000 ;
  • en Occitanie 2,64/100 000 ;
  • en Bourgogne-Franche-Comté 2,65/100 000 ;
  • dans le Centre-Val de Loire 2,67/100 000 ;
  • en Corse 2,77/100 000.

Mortalité du cancer de la peau : taux de survie en cas de mélanome

Même si le mélanome est le cancer de la peau le plus mortel, il est intéressant de signaler les chiffres correspondant au taux de survie. Celui-ci varie en fonction de divers facteurs : le sexe, l'âge, le stade du mélanome et l'épaisseur de la tumeur.

Chiffres du taux de survie en cas de mélanome

Si l'on se base sur les données du réseau des registres des cancers FRANCIM, on retrouve, en cas de mélanome, un taux de survie de :

  • 96 % à 1 an ;
  • 90 % à 5 ans ;
  • 81 % à 10 ans chez les hommes et 85 % chez les femmes ;
  • 71 à 84 % à 15 ans en fonction de la tranche d'âge (meilleur taux chez les plus jeunes avec une diminution de la survie nette a partir de 60 ans).

Les chiffres de 2002 révèlent que le nombre de personnes, ayant eu un diagnostic de mélanome cutané au cours des 5 années précédentes (sur la période 1998-2002) et étant toujours en vie, était de 28 249, soit 3,5 % de tous les cancers confondus. Parmi ces personnes, on compte :

  • 42 % d'hommes (soit 3 % des cas de cancers masculins) ;
  • 48 % de femmes (soit 4 % des cas de cancers féminins).

Survie en fonction du sexe et de l'âge

Le taux de survie peut varier en fonction du sexe :

  • Chez les femmes, le taux de survie est de :
    • 97 % à 1 an,
    • 93 % à 5 ans.
  • Chez les hommes, le taux de survie est de :
    • 95 % à 1 an,
    • 88 % à 5 ans.

Par ailleurs, la survie est inversement proportionnelle à l’âge au moment du diagnostic du cancer de la peau (plus le patient est jeune meilleure est la survie). Ainsi, la survie à 5 ans est :

  • de 93 % chez les hommes jusqu'à 55 ans ;
  • mais seulement de 88 % chez les personnes âgées de 80 ans (sensiblement identique chez les femmes).

Bon à savoir : les patients qui n'étaient pas décédés durant la première année avaient une survie nette de 94 % pour les plus jeunes et de 88 % pour les plus âgés, car c'est à la fin de la première année de prise en charge que la probabilité de décès est maximale.

Aussi, la survie globale est meilleure chez les enfants que chez les adolescents et les adultes, les adolescents ayant eux-mêmes une survie globale supérieure à celle des adultes.

Survie en fonction du stade du mélanome

Le taux de survie dépend également du stade du mélanome au moment du diagnostic :

  • Lorsque le cancer de la peau est au stade I ou II, la survie relative à 5 ans est comprise entre 88 % et 98 %.
  • En cas de cancer de la peau métastasé, le taux de survie est inférieur à 20 %, d'où l'importance du dépistage.

La localisation des métastases a également son importance. En effet, des métastases viscérales présentent un pronostic beaucoup plus sévère (taux de survie à 5 ans inférieur à 10 %) que des métastases ganglionnaires.

À noter : l’envahissement ganglionnaire est plus fréquent chez les enfants que chez les adultes.

Survie en fonction de l'épaisseur de la tumeur

Enfin, le pronostic des mélanomes est lié à l'épaisseur de la tumeur. Plus elle est profonde, moins le taux de survie est élevé :

  • Si la tumeur cutanée fait moins de 1 mm, on peut s'attendre à une guérison complète (taux de survie de 90 %).
  • Au-delà, plus l'épaisseur de la tumeur est importante, plus les chances de guérison et le taux de survie diminuent.
  • Au moment du diagnostic, une proportion plus importante d’enfants et d’adolescents que d’adultes présente des tumeurs de stades T3 et T4 (tumeurs épaisses).

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